Entrainement de nuit du 26 au 27 Septembre 2015: La montagne pour nous tous seuls, le Mont Blanc en toile de fond

Le parcours

Notre parcours consistait à faire une boucle à travers le massif des Aiguilles Rouges en partant de Chamonix : 45 km de programmé par une magnifique nuit de pleine lune avec 3 000 D+.

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Comme il ne faut pas bouder son plaisir, nous débutons dans l’après midi via le kilomètre vertical du Marathon du Mont Blanc jusqu’à Plan Praz puis enchainons par le Col du Brévent et empruntons ensuite la très (très) longue descente jusqu’au pont de l’Arlevé. Petite remontée vers le refuge de Moëde Anterne, passage au chalet de Villy, ascension casse patte jusqu’au col de Salenton, montée vers le Mont Buet avec de la neige et de la glace en invités surprises et descente vers le refuge de la Pierre à Bérard. Arrivée le matin au village du Buet où nous reprenons le bus pour Chamonix.

En résumé, un parcours magnifique avec des passages assez engagés

Les difficultés que nous avons rencontrées

  1. La neige, le froid et surtout le verglas qui nous a fait chutés plusieurs fois dans la descente du Mont Buet et a stoppé notre ascension à quelques mètres du sommet.
  1. Flash_Aiguilles_Rouges_Bruno_Anne_descente_vers_le_Buet_village_Lzeteam_270915_1Le manque de balisage du GR sur la descente du Mont Buet en allant vers la Pierre à Bérard. C’est un véritable jeu de piste, déjà pas évident de jour mais rendu quasiment impossible à la lumière de la frontale ! Le GR est extrêmement mal indiqué : quelques rares plaques posées ci et la, parfois des traces de peinture sur des rochers et des Cairn posés de manière désordonnée. Nous nous sommes retrouvés à errer au dessus d’une barre rocheuse entre 3h et 5h du matin. Deux bonnes heures à tourner en rond avec quelques passages engagés où nous avons pu mettre en pratique nos connaissances en escalade pour nous sortir des barres rocheuses. Finalement c’est au GPS que nous nous extrairons de cette galère en suivant la trace indiquée.
  1. Les soucis d’alimentation de mon coéquipier qui a très peu mangé lors de la randonnée et s’est retrouvé en hypo de pleine nuit dans le froid. Je dois rendre hommage à sa volonté sans faille et son extrême lucidité qui nous a permis de finir cette randonnée en forme et entier. En effet même malade, c’est lui qui avec son GPS a retrouvé la trace du GR et nous a guidé au milieu de la nuit.

Cote équipement

J’avais peur d’être partie avec trop de choses (mon sac 20 l était rempli à craquer) mais j’ai tout utilisé. Il a fait un froid glacial durant la nuit, avec du vent. J’ai mis jusqu’à 4 couches pour me réchauffer et la doudoune qui me paraissait inutile en début d’après midi m’a sauvé la mise à 2 heures du matin.

Les Hoka Mafate speed que nous utilisions pour la première fois sur longue distance ont tenu toutes leurs promesses : une accroche parfaite sur le rocher et un confort merveilleux. Aucune ampoule, échauffement ou bobo à signaler le lendemain. En revanche, ces jolis bijoux sont très fragiles (Bruno déchire dans un rocher la toile latérale de sa Mafate).

J’utilisais pour la première fois le sac à dos Ultrabag WAA 20 litres et j’appréhendais un peu. J’avais peur que ce modèle mixte ne soit pas adapté a un petit gabarit féminin et que la charge (qui représentait largement plus de 10% de mon poids de corps) m’handicape. Excellente surprise ! Le sac est idéal, le portage facile et le système d’ouverture sur le coté rend le chargement facile même pour une nulle du rangement comme moi.

J’ai utilisé des moufles en laine achetées en Islande et la aussi excellente surprise. Mes mains sont restées bien au chaud, bien plus que dans les gants windstopper de marque que j’avais également emporté. Un confort appréciable quand la température a frôlé les -7 durant la nuit sur la montée du Buet.

Cote lampes frontales, nous avons tous les 2 utilisé nos lampes de secours ainsi que nos piles de secours. La aussi, la moralité est qu’il vaut mieux trop prévoir que pas assez !

Cote ravitaillement, c’est simple j’ai tout mangé !

Encore une fois, je pensais avoir trop pris mais nous avons essuyé des déconvenues dans un refuge qui a refusé de nous servir à manger à 21h30 (et a également refusé que nous dormions 20 minutes sur une table sous prétexte qu’ils allaient fermer pour la nuit) et puis l’altitude et le froid ça creuse (si Bruno n’a pu boire que du thé chaud et un peu de coca, moi en revanche je me suis empiffrée).

Pourquoi courir de nuit dans la montagne ?

Flash_Aiguilles_Rouges_Bruno_lampe_frontale_Lzeteam_270915_1C’était une question que je me posais avant cette première expérience (jusqu’à présent j’avais fini quelques trails de nuit à la lueur de la frontale mais que durant quelques heures, et sur un chemin balisé en file indienne derrière d’autres coureurs). En effet, quel intérêt d’aller passer une nuit complète dans le froid alors qu’un lit chaud et douillet vous tend les bras…

Après ce week end, je suis convaincue.

La montagne de nuit c’est magnifique : un sentiment d’être seuls au monde et de profiter pleinement de chaque instant, en communion avec la nature. Les photos de cette soirée parlent d’ailleurs d’elles mêmes : le coucher du soleil, la mer de nuage, la rencontre avec les bouquetins …

Certains moments étaient tout simplement magiques : le brame du cerf en fond sonore et surtout les rayons de la lune qui se reflétait dans un torrent … On croyait voir des flammes courir le long de la montagne enneigée.

Et puis, la beauté du Mont Blanc éclairé par la pleine lune restera longtemps gravée dans mon esprit !

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