Intégrales des Causses 2013

Date : 25 octobre 2013
Distance : 61 km
Dénivelé : 2 900 m D+
Finisher : Laurent

Le site de la course > http://festivaldestempliers.blogspot.fr/

Festival des Templiers

Festival des Templiers

En route pour Millau. Jean Marc et moi faisons route vers le midi, pleins d’interrogations…

Après sa 1° expérience sur la montagn’hard, Jean marc s’est inscrit sur le marathon des causses qui sera une course plus accessible compte tenu de son manque d’expérience, le voilà prêt pour 37km et 1700mD+. Fera, fera pas, les questions tournent dans sa tête.

Perso, ça fait 1 mois que je trimballe une tendinite à la voute plantaire, mon dernier run remonte au 22 septembre, depuis…pas 1 km couru mais un chouille de vélo pour aller chez la rhumato qui me fait de la méso, chez le podologue qui me prépare des semelles. ça c’est de l’entraînement ! Donc, je pars au flan, course « au métier » comme dirait Thierry. J’ai étudié le parcours, le 1° ravito est à 10 km par les sentier alors qu’il n’y en a que 2 par la route. Jean Marc m’attendra donc à ce 1° passage et ce sera un 1° repère.

Tite bière dans Millau, tite bouffe sympa et très sage jeudi soir. Vendredi 5h50, driinnn. J’ai dû mettre moins de 2 secondes pour me lever. En voiture vers Mostejouls, petit village dans la nuit.
On est en place 15 mn avant le départ, nickel mon chauffeur. Un café , Musique de ERA pour ce petit groupe de coureurs, c’est le bon plan de se trouver au cœur du festival des templiers sur une course intimiste. Top départ : salut JM, on se voit dans 1h30 environ et on avise !

Il fait doux, c’est trop top. Eh ! je viens de faire 247m et je sens ma « voute »…tout doux l’ami…1° arrêt pour enlever une épaisseur et me retrouver en tee-shirt un 25 octobre, c’est bon ça. 1,5 km de footing avec ma voute, on traverse un hameau pavé super mignon et on attaque une bonne patate à la queue leu leu sur un rythme qui me va bien, calé derrière une concurrente, impeccable. Là-haut, petit plat, faut trottiner, début de descente roulante : je teste ma voute. Je m’enflamme même dans ce début de descente, c’est l’euphorie des 2 premières heures de course. Descente technique et sympa, ce début de course est un régal, il y a tout : montée, descente technique et roulante, et tout en single track. Le bonheur !

Intégrale des causses arche

Intégrale des causses arche

J’arrive au « Rozier », 1° ravito. Jean Marc est là. C’est bon de le voir. Ma voute est toujours là, le fait de marcher sur des cailloux semble me faire un massage style kiné. Je me dis que je veux bien un massage comme ça pendant 61 km si ça me permet d’aller au bout. Sortie du ravito, boum ! grosse patate qui passe nickel. On fait toujours bonne figure en début de course et on s’imagine que ça va durer 10h, 15h, 20h comme ça. En route vers St André de Vésines. On croise une route, Jean Marc est là, il a même sympathisé avec 2 filles qui crient « laurent » dès que j’arrive. Avec de telles groupies, c’est top. Single trop bien, j’ai fait 20 bornes et je suis déjà seul sur des sentiers qui serpentent. Je profite à fond de ces moments privilégiés que je partage avec ma voute, toujours là ; de temps en temps, elle m’envoie 2 coups de jus, je tourne la cheville, j’appuie devant, talon, à droite, à gauche…ça tient comme ça, pourvu que ça tienne comme ça, je cogite.

2° ravito, quasi 25 km, Jean Marc est là, c’est trop cool. Il m’attend, me remplit mon gobelet, me parle mais me pousse aussi à repartir vite. Un instant, je me prends pour Killian ou Chaigneau. Les groupies sont là, j’en profite pour embrasser l’une d’elle qui me fait vedette au milieu du ravito. Elle accompagne un gars avec qui je cours et discute ensuite. Il me fait un éloge du trail du bourbon à la réunion qui donne envie d’y aller.

C’est reparti vers La Roque Ste Marguerite. J’oublie la chronologie des paysages mais le parcours est magnifique, tantôt on domine les gorges, tantôt on aperçoit les barres rocheuses du causse d’en face, on traverse le chaos de roquesaltes, Magique ! Kilomètre 35, ça y est les jambes s’alourdissent. Ravito, les 2 copines sont là, je les salue, ma voute est là, fidèle, comme Jean Marc qui court avec moi en sortie de ravito 200m sur le pont qui traverse la Dourbie. « te blesse pas JM, demain, c’est ta fête ! »

Poy poy poy ! grosse patate dès la sortie du pont. Visiblement là-bas, c’est comme ça : tu traverses la rivière, tu tournes à gauche et vlan, tu grimpes. En levant le nez, tu vois la barre rocheuse qui paraît infranchissable mais en vrai, le plus dur c’est le bas de la montée, après ça s’adoucit pour aller chercher un passage qui permet de contourner cette barre rocheuse, puis c’est montée plus douce sur le haut avant de déboucher sur le plateau-causse. Single, single, single toujours. 61 km, on fera 55km en single : in craie dit beul.

Maintenant, faut gérer : 20 bornes sans ravito. J’ai l’habitude de boire comme un trou au ravito et de faire le chameau ensuite mais là, prudence. Après 12/15 bornes, je double un gars qui n’a plus d’eau, il a les reins bloqués, mal de dos, galère. Je le signalerai 3 km plus loin à 2 gars de la sécu. Une montée, une fille est à sec aussi, je lui file de agua agua car il m’en reste ¼ de litre pour 5 kilo. Un gars nous dit « ravito à 3 kilomètres » c’est le genre de remarque qui te fout en l’air : en général, les gars sur le bord du chemin te disent 3 mais en vrai il y a 4 et comme t’es mort, ça te parait faire 5.

Mais, mais…vers le 47°48° tout à coup, sans rien dire…ma voute n’est plus là. C’est un truc de fou. En fait je commence à avoir mal partout si bien que la douleur tue la douleur. Fallait y penser.
Oh fan de chichoune, on traverse Massebiau et c’est la dernière montée. Celle-là, elle est costaude, je ne sais pas si c’est parce que je sais que c’est la dernière mais elle me casse. Alors à mi- pente, je fais une pose, avec le viaduc de Millau à l’horizon, et je repars pour enfin retrouver le plateau. C’est trop cool car j’arrive encore à relancer à au moins 7.18km/h sur le plat !

53° kilo : Jean Marc, mon ami, « come staï ? béné, ça va l’faire maintenant, on se revoit à l’arrivée »
Parcours sur du velours sur les aiguilles de pins jusqu’à la ferme de Cade, vieille bâtisse typique où l’accueil des bénévoles est top. C’est parti, dernier tronçon. Oh ! vue splendide sur Millau et le viaduc avant d’aborder la descente réputée scabreuse. Effectivement, c’est pas des marches, c’est des paliers, avec quelques rondins de bois en travers mais avec gros devers derrière. Prudent le bouisse, pose tes bâtons, appuie dessus, comme mon grand-père…je ne suis pas à 2 mn.

Et on sort enfin du bois, et on aperçoit l’aire d’arrivée, 5 marches à descendre, 5 marches à monter juste avant le sas d’arrivée. Tchek JM, c’est dans la poche. La voie est ouverte pour toi demain, tu vas te régaler un truc de ouf, c’est trop cool. J’ai couru 10h et je me suis tellement amusé, tellement plu que j’ai l’impression que ça ne fait que 3h que je suis parti.

Ma voute et moi, on s’est dit « quelle belle mécanique que ce corps humain » Qui l’eût cru la veille au soir.

Ça a été une belle journée de sport.

Auteur : Laurent

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